| Le normal et l’anormal |
La cave de miam-miam juin 2004 |
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Je bois du vin. Mais qu’est ce qu’un bon vin ? Un bon vin doit me donner une émotion de plaisir, à un
moment précis selon ma disponibilité physique et mentale,
la saison, les gens présents. Fiez-vous à votre palais qu’on nous dit ! C’est vrai que c’est une bonne méthode et laissez-vous guider par votre instinct, car, j’en suis convaincu, l’homme et la femme ont cet instinct naturel pour se nourrir de bon. Une anecdote qui date de quelques années : dans le Jura, un grand
vigneron, Pierre Overnoy, avait fait une expérience de dégustation
avec des enfants de 12 ans. Mais on ne peut pas toujours ouvrir la bouteille et goûter alors
il faut se fier à l’étiquette et ce qu’elle
donne comme informations. - pour ce qui est du dessin sur l’étiquette, difficile
de savoir si c’est un vigneron sincère ou un exercice marketing. Atypique : différent du type normal Le bouleversement a commencé avec l’arrivée dans
les vignes des “sorciers en blouses blanches” dans les années
50 /60 qui proposèrent aux vignerons les produits miracles afin
de travailler moins et de gagner plus d’argent (très peu
ont résisté à la tentation). C’est le sol qui est le support de la vigne, et c’est lui qui influe beaucoup sur la notion de typicité. Vous comprendrez qu’après 50 ans de désherbage chimique le sol est soit mort soit agonisant. Ce sont également les levures présentes sur le grain de raisin qui sont responsables de la typicité d’un vin.(80 sortes de levures par grain). Avec la destruction de toutes ces levures par le soufre pour les remplacer par UNE levure chimique sélectionnée, on réduit considérablement l’identité du vin.
L’homme est obligé d’apporter artificiellement ce
que la nature ne peut plus donner naturellement. Donc encore des produits
pour recomposer une sorte d’équilibre artificiel. Même
avec une grande précision de traitement il est très difficile
de retrouver la complexité d’un sol vivant. Donc les raisins
ramassés ont beaucoup de carences que l’on comble par de
la chimie pendant la vinification… L’anormal répété et produit dans le temps, par tout le monde, devient la référence et voilà l’anormal devenu normal. Et voilà comment des grands vins de France classés en A.O.C. sont maintenant déclassés en Vin de Table et sont accusés d’être atypiques alors que le vigneron laboure le sol, cultive la vigne, vendange de petits rendements à la main, laisse le jus fermenter avec ses propres levures, ne filtre pas, sulfite très peu, voire pas du tout pour respecter son vin et notre santé. Ces vins ne sont peut-être pas “politiquement corrects” mais ils ont un style, une personnalité, des défauts, ils sont vivants et c’est “à cause” de ces vignerons-là que j’aime le vin, le vin vrai vivant Bon Vin à tous
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© Christophe
Boisselier
pour Les Aventuriers du Goût |
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